Incontinence urinaire : symptômes, causes et traitements

L'incontinence urinaire correspond à une perte involontaire d'urine. Très fréquente, elle peut toucher aussi bien les femmes que les hommes, avec des causes et des mécanismes différents.

Même si les fuites urinaires restent un sujet tabou, il existe aujourd'hui de nombreuses solutions pour l'améliorer, voire la traiter.

Une consultation avec un urologue permet d'identifier le type d'incontinence, d'en rechercher la cause et de proposer une prise en charge adaptée.

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Incontinence urinaire

Qu'est-ce que l'incontinence urinaire ?

L'incontinence urinaire est définie par toute fuite involontaire d'urine.

Elle peut survenir :

  • à l'effort,
  • lors d'une envie urgente d'uriner,
  • de façon permanente voir insensible.

Le traitement dépend du mécanisme responsable des fuites.

L'incontinence urinaire est-elle fréquente ?

Oui. L'incontinence urinaire est très fréquente.

Elle concerne :

  • près d'une femme sur trois au cours de sa vie,
  • de nombreux hommes après une chirurgie de la prostate et/ou de la vessie.

Beaucoup de patients n'osent pas consulter alors que des traitements efficaces existent.

Incontinence urinaire : symptômes, causes et traitements

Quelles sont les causes de l'incontinence urinaire ?

Les causes varient selon le sexe, l'âge et le type d'incontinence.

Chez la femme, les facteurs favorisants sont notamment :

  • les grossesses et les accouchements,
  • la ménopause,
  • le prolapsus (ou descente d'organe),
  • le surpoids,
  • certaines chirurgies pelviennes.

Chez l'homme, l'incontinence peut être liée :

  • à une chirurgie de la prostate et/ou de la vessie,
  • plus rarement à une obstruction urinaire chronique.

La plupart des maladies neurologiques (sclérose en plaques, maladie de Parkinson, accident vasculaire cérébral…) peuvent également être responsables de troubles urinaires.

Quels sont les différents types d'incontinence ?

Il est indispensable de déterminer le type d’incontinence lors de la consultation initiale, car les traitements varient en fonction.

L'incontinence urinaire d'effort

Il s'agit de la forme la plus fréquente chez la femme.

Les fuites surviennent lors d'une augmentation de la pression abdominale :

  • toux, éternuement, rire,
  • sport,
  • port de charges lourdes.

Elles sont liées à une insuffisance du soutien de l'urètre (ou hyper mobilité urétrale) ou à une faiblesse du sphincter urinaire.

L'incontinence par urgenturie

Également appelée vessie hyperactive, elle correspond à des envies urgentes et difficilement contrôlables d'uriner.

Les patients peuvent ne pas avoir le temps d'arriver aux toilettes.

Elle est souvent associée à :

  • des envies fréquentes d'uriner,
  • des levers nocturnes,
  • une diminution de la capacité de la vessie.

L'incontinence mixte

Certaines personnes présentent à la fois une incontinence urinaire à l’effort et par urgenturie.

Le traitement doit alors prendre en compte ces deux mécanismes.

Les autres formes d'incontinence

Plus rarement, les fuites peuvent être liées :

  • à un trop-plein de la vessie (incontinence par regorgement),
  • à une fistule urinaire (fuite d’urine par un orifice anormal, souvent le vagin).

Quand consulter un urologue ?

Il est recommandé de consulter lorsque :

  • les fuites deviennent invalidantes,
  • elles limitent les activités quotidiennes,
  • elles s'accompagnent d’autres symptômes urinaires (douleurs, sang dans les urines …),
  • elles apparaissent après une chirurgie.

Une prise en charge précoce permet souvent d'obtenir de meilleurs résultats.

Comment diagnostiquer une incontinence urinaire ?

Le diagnostic repose sur l'interrogatoire, l'examen clinique et parfois des examens complémentaires.

L'interrogatoire

Le médecin recherche notamment :

  • le type de fuite,
  • les circonstances de survenue,
  • leur fréquence,
  • leur retentissement sur la qualité de vie.

Un calendrier mictionnel peut être demandé afin de quantifier le nombre et le volume des mictions sur la journée.

L'examen clinique

Chez la femme, il recherche notamment :

  • une incontinence à l'effort,
  • un prolapsus associé,
  • une faiblesse des muscles du plancher pelvien.

Chez l'homme, un examen prostatique est souvent réalisé.

Les examens complémentaires

Selon les situations, plusieurs examens peuvent être proposés :

  • analyse d'urine,
  • échographie de l'appareil urinaire avec mesure du résidu post mictionnel,
  • débitmétrie urinaire,
  • bilan urodynamique,
  • cystoscopie.

Le bilan urodynamique permet d'étudier le fonctionnement de la vessie et du sphincter afin de mieux orienter le traitement.

Quels sont les traitements de l'incontinence urinaire ?

Le traitement dépend avant tout du type d'incontinence, de son importance et de son retentissement sur la qualité de vie.

On distingue principalement deux situations :

  • l'incontinence urinaire d'effort, responsable de fuites lors des activités physiques, de la toux ou des éternuements,
  • l'incontinence par urgenturie, également appelée vessie hyperactive, caractérisée par des envies pressantes d'uriner parfois impossibles à retenir.

Certaines personnes présentent une incontinence mixte, associant ces deux mécanismes. La prise en charge est alors adaptée à chaque symptôme.

Traitement de l'incontinence urinaire d'effort

L'incontinence d'effort est liée à une faiblesse du soutien de l'urètre ou du sphincter urinaire.

Le traitement est progressif et débute généralement par des solutions conservatrices.

Mesures hygiéno-diététiques

Certaines habitudes peuvent contribuer à diminuer les fuites urinaires :

  • perte de poids en cas de surpoids,
  • arrêt du tabac en cas de toux chronique,
  • traitement d'une constipation,
  • limitation des efforts augmentant fortement la pression abdominale.

Ces mesures sont souvent associées à une rééducation périnéale.

Kinésithérapie de rééducation périnéale

La rééducation du plancher pelvien constitue le traitement de première intention.

Réalisée avec un kinésithérapeute ou une sage-femme spécialisée, elle permet de renforcer les muscles soutenant la vessie et l'urètre.

Elle est particulièrement efficace :

  • après un accouchement,
  • dans les formes légères ou modérées,
  • avant d'envisager une chirurgie.

Traitement chirurgical chez la femme

Les bandelettes sous-urétrales (TVT ou TOT)

Lorsque les fuites persistent malgré la rééducation et deviennent gênantes, une intervention chirurgicale peut être proposée.

La pose d'une bandelette sous-urétrale est aujourd'hui le traitement de référence chez la femme.

Cette intervention consiste à placer une fine bandelette synthétique sous l'urètre afin de le soutenir lors des efforts responsables des fuites.

Elle est réalisée par voie vaginale et en ambulatoire.

Les résultats sont excellents, avec une amélioration durable chez plus de 80 à 90 % des patientes correctement sélectionnées.

Les injections péri-urétrales

Chez les patientes présentant une insuffisance sphinctérienne ou souhaitant éviter une chirurgie plus importante, des injections d'agents de comblement peuvent être proposées.

Réalisées par les voies naturelles, elles permettent d'améliorer temporairement la fermeture de l'urètre.

Leur efficacité est généralement moins durable que celle des bandelettes.

Les ballonnets péri-urétraux ajustables

Ils permettent de comprimer l'urètre afin de limiter les fuites urinaires. Après l’implantation, ils sont gonflés progressivement en consultation jusque’à atteindre une continence satisfaisante.

L’intervention est réalisée par voie vaginale.

Cette solution est principalement proposées en cas d’insuffisance sphinctérienne et dans les incontinences urinaires modérées.

Sphincter urinaire artificiel

Le sphincter urinaire artificiel représente le traitement de référence des incontinences sévères par insuffisance sphinctérienne.

L’intervention se déroule par voie coelioscopique robot-assistée, permettant une meilleure dissection de l’urètre et du col vésical pour placer la manchette. La pompe est quant à elle placée au niveau de la grande lèvre.

La patient active elle-même cette pompe pour uriner, puis le sphincter se referme automatiquement quelques instants plus tard.

Cette technique permet de retrouver une continence satisfaisante chez une grande majorité des patients.

Le traitement chirurgical chez l'homme

Chez l'homme, l'incontinence d'effort survient le plus souvent après une chirurgie de la prostate et/ou de la vessie.

Selon l'importance des fuites, plusieurs traitements peuvent être proposés.

Les ballonnets péri-urétraux ajustables

Ils permettent de comprimer l'urètre afin de limiter les fuites urinaires. Après l’implantation, ils sont gonflés progressivement en consultation jusque’à atteindre une continence satisfaisante.

L’intervention est réalisée par voie périnéale.Contrairement au sphincter artificiel, elle ne comporte aucun dispositif à manipuler par le patient.

Cette solution est principalement proposées dans les incontinences urinaires modérées.

La bandelette sous-urétrale masculine

La bandelette sous-urétrale masculine est indiquée chez certains patients présentant une incontinence urinaire d'effort légère à modérée, le plus souvent après une prostatectomie.

Cette intervention consiste à placer une bandelette synthétique sous l'urètre afin de le repositionner et de lui apporter un soutien permanent. Contrairement au sphincter artificiel, elle ne comporte aucun dispositif à manipuler par le patient.

Réalisée par une courte incision au niveau du périnée, elle permet, chez des patients soigneusement sélectionnés, de diminuer significativement les fuites urinaires tout en conservant des mictions naturelles.

Le sphincter urinaire artificiel

Le sphincter urinaire artificiel constitue le traitement de référence des incontinences masculines sévères, notamment après une prostatectomie totale.

Une manchette est placée autour de l'urètre au niveau périnéal et relié à une petite pompe implantée dans le scrotum.

Le patient active lui-même cette pompe pour uriner, puis le sphincter se referme automatiquement quelques instants plus tard.

Cette technique permet de retrouver une continence satisfaisante chez une grande majorité des patients.

Traitement de l’incontinence urinaire par urgenturie

La vessie hyperactive est responsable d'envies soudaines et difficilement contrôlables d'uriner, parfois associées à des fuites.

Mesures hygiéno-diététiques

Certaines mesures permettent de diminuer les symptômes :

  • réduction du café, du thé et des boissons énergisantes,
  • limitation des boissons gazeuses,
  • adaptation des apports hydriques,
  • traitement d'une constipation,
  • rééducation comportementale avec calendrier mictionnel.

Traitement médicamenteux

Il s’agit principalement des anticholinergiques qui visent à diminuer les contractions involontaires de la vessie. Il permettent ainsi de réduite les envies urgentes, d’espacer les mictions et de diminuer les épisodes d’incontinence.

Une autre classe thérapeutique existe, représentée par le Mirabegron, qui par une autre voie d’action, permet également de diminuer les contractions vésicales.

Le choix du traitement dépend notamment de l'âge, des antécédents et de la tolérance.

La neurostimulation tibiale postérieure

La neurostimulation tibiale postérieure est une technique mini-invasive de plus en plus utilisée.

Elle consiste à stimuler le nerf tibial postérieur grâce à une électrode placée au niveau de la cheville. Ce nerf est connecté aux centres nerveux qui contrôlent le fonctionnement de la vessie.

Après éducation par une infirmière, les séances sont réalisées au domicile, au rythme d’une séance par jour de 30 minutes pendant 6 mois. Le traitement est ensuite réévalué en consultation.

Cette technique est bien tolérée et permet, chez de nombreux patients, de diminuer les envies pressantes, les levers nocturnes et les fuites urinaires sans chirurgie.

Les injections de toxine botulique (Botox®)

Lorsque les médicaments sont insuffisamment efficaces ou mal tolérés, des injections de toxine botulique peuvent être proposées.

Réalisées par cystoscopie sous anesthésie locale ou générale selon les situations, elles consistent à injecter du Botox® dans plusieurs zones de la paroi vésicale. La dose injectée varie en fonction de l’importance des symptômes.

L'efficacité apparaît généralement après quelques jours et dure en moyenne 6 à 9 mois.

Les injections peuvent être renouvelées si nécessaire.

En cas d’injection d’une dose importante, il sera indispensable de réaliser des auto-sondages propres et intermittents, car la vessie sera non contractile.

La neuromodulation des racines sacrées

Lorsque les traitements précédents restent insuffisants, une neuromodulation sacrée peut être proposée.

Cette technique consiste à stimuler en permanence les nerfs contrôlant la vessie grâce à une électrode implantée au niveau du sacrum et reliée à un petit stimulateur placé sous la peau.

Une phase de test de 4 semaines est systématiquement réalisée avant l'implantation définitive, afin de vérifier l'efficacité du traitement.

Le dispositif doit être changé tous les 5 à 8 ans en moyenne.

Quelles sont les suites après un traitement ?

Les suites dépendent du traitement réalisé.

Après une chirurgie, une reprise progressive des activités est recommandée.

Le résultat peut être immédiat ou s'améliorer progressivement au cours des semaines suivantes.

Quelles complications peuvent survenir ?

Les complications dépendent de la technique utilisée mais restent peu fréquentes.

Selon le traitement, elles peuvent inclure :

  • infection,
  • difficulté temporaire à uriner,
  • rétention urinaire,
  • persistance ou récidive des fuites,
  • douleurs pelviennes,
  • complications liées au matériel implanté.

Votre urologue vous expliquera les bénéfices attendus ainsi que les risques propres à chaque traitement.

Questions fréquentes sur l'incontinence urinaire

Les fuites urinaires sont-elles normales avec l'âge ?

Non. Bien que leur fréquence augmente avec l'âge, elles ne doivent pas être considérées comme normales et peuvent souvent être traitées.

Peut-on guérir une incontinence urinaire ?

Oui. Selon son origine, l'incontinence peut être fortement améliorée, voire disparaître grâce à un traitement adapté.

Faut-il toujours être opéré ?

Non. La majorité des patients bénéficie d'abord d'un traitement conservateur (rééducation, mesures hygiéno-diététiques ou médicaments).

Les protections urinaires sont-elles un traitement ?

Non. Elles permettent d'améliorer le confort mais ne traitent pas la cause des fuites.

Prendre rendez-vous pour une incontinence urinaire

En cas de fuites urinaires, une consultation spécialisée permet d'identifier précisément leur origine et de proposer la prise en charge la plus adaptée afin d'améliorer durablement votre qualité de vie.