Maladie de Lapeyronie et courbure congénitale de la verge : symptômes, diagnostic et traitements

Une courbure de la verge peut être présente depuis l'adolescence ou apparaître progressivement à l'âge adulte. Ces deux situations correspondent à des maladies différentes : la courbure congénitale de la verge et la maladie de Lapeyronie.

Alors que la courbure congénitale est liée au développement naturel du pénis, la maladie de La Peyronie est une affection acquise caractérisée par la formation d'une plaque fibreuse dans l'enveloppe des corps caverneux.

Une consultation avec un urologue permet de déterminer l'origine de la courbure, d'évaluer son retentissement et de proposer une prise en charge adaptée.

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Maladie lapeyronie

Qu'est-ce que la maladie de Lapeyronie ?

La maladie de Lapeyronie est une affection bénigne de la verge caractérisée par l'apparition d'une plaque fibreuse dans l'albuginée, membrane entourant les corps caverneux.

Cette plaque entraîne une perte d'élasticité de la verge lors de l'érection, responsable d'une courbure, d'un raccourcissement ou d'une déformation du pénis.

La maladie peut également être associée à des douleurs et à une dysfonction érectile.

Il ne s'agit pas d'un cancer et cette maladie n'augmente pas le risque de développer un cancer de la verge.

Qu'est-ce qu'une courbure congénitale ?

La courbure congénitale correspond à une courbure présente depuis les premières érections, généralement dès l'adolescence.

Contrairement à la maladie de Lapeyronie, il n’existe pas de plaque fibreuse, n’est pas douloureuse et est stable dans le temps.

Elle résulte d'un développement asymétrique des corps caverneux.

Maladie de Lapeyronie et courbure congénitale de la verge : symptômes, diagnostic et traitements

La maladie de Lapeyronie est-elle fréquente ?

La maladie de Lapeyronie touche environ 3 à 9 % des hommes, principalement entre 40 et 70 ans.

Sa fréquence est probablement sous-estimée, de nombreux patients n'osant pas consulter.

La courbure congénitale est plus rare.

Quelles sont les causes ?

Maladie de Lapeyronie

L'origine exacte reste imparfaitement connue.

La théorie la plus admise est celle de microtraumatismes répétés de la verge lors des rapports sexuels, chez des patients présentant une prédisposition individuelle à une cicatrisation excessive.

Plusieurs facteurs sont associés :

  • l'âge,
  • le diabète,
  • le tabagisme et l’alcoolisme,
  • antécédent de traumatisme ou de chirurgie pelvienne,
  • la maladie de Dupuytren.

Courbure congénitale

Elle est présente dès le développement du pénis et n'est pas liée à un traumatisme.

Elle n'a aucun lien avec les rapports sexuels ni avec une maladie inflammatoire.

Quels sont les symptômes ?

Maladie de Lapeyronie

Les symptômes peuvent apparaître progressivement et évoluent classiquement en deux phases :

  • Phase aiguë inflammatoire caractérisée par des douleurs et l’apparition de la déformation de verge,
  • Phase chronique caractérisée par la régression des douleurs, l’installation de la déformation et l’apparition d’une plaque palpable sous la peau La courbure peut être dorsale (vers le haut), ventrale (vers le bas) ou latérale. Cette déformation peut s’associer à un raccourcissement du pénis et une dysfonction érectile. Elle peut entrainer des difficultés lors de rapports sexuels et un retentissement psychologique important.

Courbure congénitale

Elle se manifeste par :

  • une courbure présente depuis les premières érections,
  • une érection généralement normale,
  • l'absence de douleur,
  • l'absence de plaque palpable,
  • une courbure stable dans le temps.

Quand consulter ?

Une consultation est recommandée en cas de :

  • apparition récente d'une courbure,
  • douleur pendant les érections,
  • difficulté ou impossibilité d'avoir des rapports,
  • raccourcissement de la verge,
  • dysfonction érectile associée,
  • retentissement psychologique important.

Plus la prise en charge est précoce, plus les options thérapeutiques sont nombreuses.

Comment est posé le diagnostic ?

Le diagnostic repose principalement sur la consultation spécialisée.

L'interrogatoire

Le médecin recherche :

  • la date d'apparition,
  • l'évolution de la courbure,
  • la présence de douleurs,
  • la qualité des érections,
  • les difficultés lors des rapports.

Il est indispensable d'apporter des photographies de la verge en érection prises à domicile, sous plusieurs angles, afin d'évaluer précisément la déformation.

L'examen clinique

Il permet de rechercher :

  • une plaque de Lapeyronie,
  • la localisation de la plaque,
  • la longueur pénienne,
  • la présence d'autres anomalies des organes génitaux externes

Quels sont les traitements ?

Le traitement dépend :

  • de l'ancienneté de la maladie,
  • de la stabilité de la courbure,
  • de son importance,
  • de la qualité des érections,
  • de la gêne ressentie par le patient.

Traitement médical

Pendant la phase inflammatoire, certains traitements peuvent être proposés afin de limiter les douleurs et d'accompagner l'évolution de la maladie.

Des antalgiques et anti-inflammatoires peuvent être proposés pour diminuer les douleurs, notamment lors de la phase aiguë inflammatoire.

Chez les patients présentant une dysfonction érectile associée, un traitement par IPDE-5 en quotidien sera proposé.

Dans certains cas, des injections directement dans la plaque peuvent être proposées (Verapamil, acide hyaluronique, PRP). Leur indication dépend des caractéristiques de la maladie et leur efficacité sur la réduction de la courbure n’est pas systématique.

Les thérapies mécaniques

Chez certains patients, une thérapie par traction pénienne peut être proposée.

L'utilisation régulière d'un extenseur pénien ou, dans certaines situations, d'un dispositif de vacuum, peut contribuer à limiter le raccourcissement de la verge et à améliorer partiellement la courbure.

Ces traitements nécessitent une utilisation régulière pendant plusieurs mois et sont parfois associés à d'autres traitements.

Traitement chirurgical

La chirurgie est généralement proposée lorsque :

  • la maladie est stable depuis plusieurs mois,
  • la courbure empêche les rapports sexuels,
  • la gêne est importante malgré les traitements conservateurs.

Le choix de la technique dépend de l'importance de la courbure, de la longueur de la verge et de la qualité des érections.

La chirurgie de plicature

La plicature consiste à raccourcir le côté opposé à la courbure afin de redresser la verge.

Il s'agit de l'intervention la plus simple, généralement proposée lorsque la courbure est modérée et que la longueur pénienne est satisfaisante.

Elle permet un excellent redressement mais peut entraîner un discret raccourcissement de la verge.

Cette technique est également le traitement de référence de la courbure congénitale.

Les greffes de l'albuginée

Lorsque la courbure est importante, complexe ou associée à un raccourcissement marqué, une incision de la plaque suivie d'une greffe de l'albuginée peut être proposée.

Cette intervention vise à corriger la déformation tout en préservant autant que possible la longueur pénienne.

Elle est plus complexe que la plicature et nécessite une fonction érectile satisfaisante avant l'intervention.

Les implants péniens

Chez les patients présentant une maladie de Lapeyronie associée à une dysfonction érectile sévère ne répondant plus aux traitements médicaux, la mise en place d'un implant pénien peut constituer la meilleure option.

L'implant permet de restaurer une rigidité suffisante pour les rapports sexuels. Un geste complémentaire de redressement peut être réalisé au cours de la même intervention si nécessaire.

Quelles sont les suites opératoires ?

Après une chirurgie, un œdème et des ecchymoses sont fréquents pendant quelques semaines.

Les douleurs sont généralement modérées et bien contrôlées par les traitements antalgiques.

Une abstinence sexuelle de 4 à 8 semaines est habituellement recommandée afin de permettre une bonne cicatrisation.

Une réhabilitation érectile post-opératoire précoce par l’utilisation de thérapie mécanique et la prise d’un traitement par IPDE-5 sera à réaliser pour optimiser les résultats de la chirurgie.

La reprise des activités professionnelles dépend du type d'intervention et de l'activité exercée.

Questions fréquentes

La maladie de Lapeyronie peut-elle disparaître spontanément ?

La douleur disparaît souvent spontanément avec le temps. En revanche, une courbure déjà constituée s'améliore rarement de façon importante sans traitement.

La maladie de Lapeyronie est-elle un cancer ?

Non. Il s'agit d'une affection bénigne qui n'augmente pas le risque de cancer de la verge.

La chirurgie permet-elle de retrouver un pénis parfaitement droit ?

L'objectif est d'obtenir une verge suffisamment droite pour permettre des rapports sexuels satisfaisants. En revanche, il sera difficile de retrouver les mêmes érections qu’avant le début de la maladie.

La courbure congénitale nécessite-t-elle toujours une opération ?

Non. Une intervention n'est proposée que lorsque la courbure entraîne une gêne lors des rapports sexuels ou un retentissement psychologique important.

Prendre rendez-vous pour une courbure de la verge

En cas de courbure du pénis, de douleurs lors des érections ou de difficultés pendant les rapports sexuels, une consultation spécialisée permet d'établir un diagnostic précis et de discuter des différentes options thérapeutiques, médicales ou chirurgicales.